vendredi 12 février 2016

Buenos Aires (II) et Tigre

Rebonjour! C’est François qui écrit, après une longue absence!

Comme on profitait des joies d’avoir un studio à nous tous seuls après avoir dormi en tente et en dortoir pendant les deux semaines précédentes, une grasse matinée s’imposait! Cependant, comme je ne peux pas battre Mémé-la-loir au concours de « Qui se lève le plus tard » et que je commençais à avoir faim, je me suis échappé en douce de la chambre pour aller nous acheter de quoi déjeuner. « Il y a une boulangerie à côté » m’a dit le concierge enthousiaste en me désignant un endroit où les viennoiseries ne payaient pas de mine… Évadant habilement sa suggestion (mais merci quand même, dude), je me suis donc dirigé vers le Coto, un genre de IGA argentin au slogan très « Big Brother »: «Yo te conozco » (« je te connais »). J’en suis ressorti avec du jus d’orange et un assortiment de « facturas », le nom étrange que les Argentins donnent aux viennoiseries. Et c’est avec un déjeuner au lit que j’ai réveillé Mémé qui émergeait à peine des bras de Morphée à mon retour (je sais, je sais, c’est romantique!)

Pour ceux que ça intéresse: les viennoiseries se limitent pas mal en Argentine (et au Chili aussi, d’ailleurs) aux « medialunas », des genre de mini-croissants un peu secs parfois recouverts de sucre ou de miel, ou encore fourrés au dulce de leche. Il y en a une sorte qui est dégueulassement nommée « medialuna de grasa », ce qu’on pourrait traduire par « croissant à la graisse »! Verdict: bien que ce soit acceptable comme déjeuner, si vous avez à choisir, préférez les viennoiseries du Québec ou de France!

Il était censé pleuvoir cette journée-là (bien qu’il ait finalement fait pas mal beau toute la journée), et on s’était dit que ce serait donc la journée idéale pour acheter nos cadeaux et faire nos valises. En effet, n’oublions pas qu’on récupérait à Buenos Aires tout notre stock du mariage et qu’on devait tout faire rentrer dans 2 backpacks et 2 petits sacs à dos! On est donc retournés au Coto faire des achats, mais ces transactions ont épuisé nos réserves de pesos et on devait donc sortir de l’argent. On est donc partis à la recherche d’un guichet. Pas de chance: toutes les banques où on s’est rendus n’acceptaient pas notre carte Desjardins. On a fini par dénicher au fond d’un centre d’achat un guichet HSBC officiellement hors d’usage (?) mais qui marchait quand même. En tout cas on sait pas trop, mais on a fini par avoir notre argent et c’était suffisant pour nous!

Rendus là, on avait pas mal marché et on était complètement sortis de notre quartier (Palermo Soho) pour aboutir plus au sud, dans le quartier Abasto. Il n’y a pas grand-chose à voir dans ce peu touristique quartier de BA, mais à force de croiser des hommes portant boudins, chapeau et vêtements traditionnels juifs, ça nous a quand même permis de constater qu’on était dans l’un des quartiers où vivent les nombreux Juifs de BA. Le saviez-vous-tu? Environ 300 000 juifs vivent en Argentine, dont une bonne part à Buenos Aires, ce qui en fait la 3e communauté juive en importance dans les Amériques (après les États-Unis et le Canada). 

Fin de la capsule d’information, de retour à notre programme principal!

Pour diner, on s’est laissés tenter par un resto péruvien un peu crade mais tellement délicieux, où on a mangé de très bons lomos saltados (un sauté de boeuf, tomates, oignons, patates et poivrons). En Amérique du Sud, la gastronomie péruvienne est dure à battre!

De retour au AirBNB, on a passé une heure ou deux à faire les valises. C’était tout un art de tout faire entrer, mais heureusement, peu de gens battent Mémé quand vient le temps d’optimiser l’espace de sacs à dos (et peu ont autant de plaisir à faire ça qu’elle)! Quand on a enfin terminé, il devait être 16h et on s’est dit qu’une promenade touristique s’imposait. Direction le quartier San Telmo, l’un des plus anciens de Buenos Aires, un endroit que Mémé avait particulièrement affectionné lors de notre précédent passage dans la capitale argentine et qu’on désirait revoir!

En sortant du métro, on a été accueilli par une bonne pluie accompagnée de rafales de vent! Alors qu’il avait fait beau toute la journée, il fallait bien qu’il pleuve au moment précis où on se décidait enfin à sortir! On a traversé rapidement la place de mai face à la Casa Rosa (la maison blanche argentine) avant de s’engouffrer dans la rue Defensa, l’artère historique de San Telmo. Heureusement, il a cessé de pleuvoir et on a pu l’arpenter au sec! On a déambulé au hasard dans les rues de pavés du quartier, revoyant au passage un resto où on avait diné deux ans plus tôt. Qui aurait dit qu’on serait de retour si rapidement? Après avoir visité une vieille église, on a refait ce que tout touriste doit faire lors d’un séjour à Buenos Aires : manger de la crème glacée! En ce qui nous concerne, on est retournés chez Freddo, dont les décadents gelatto figurent apparemment parmi les meilleurs au monde (ou à tout le moins en Argentine). Forts de nos crèmes glacées au chocolat, aux noisettes,  au dulce de leche et au citron, on s’est dirigés vers une place publique toute proche pour déguster le tout. Assis au coeur même de San Telmo, on a eu le bonheur d’assister à un spectacle gratuit de tango! En effet, un couple de danseurs pratiquait leur art pour les convives attablées aux différentes terrasses de la place! On avait eu l’occasion de voir du tango en plein air dans La Boca il y a deux ans, mais il y avait tellement de touristes qu’on n’avait pas vu grand-chose. Cette fois, on était aux premières loges! Crème glacée et tango: difficile de vivre une expérience plus argentine!

On a ensuite quitté San Telmo pour se diriger vers le quartier plus gouvernemental de Congreso, en cheminant le long de larges artères bordées de grands arbres et de gracieux immeubles vieillots de style européen. Bienvenue à Paris en Argentine! Notre quête avait aussi pour but de suivre le trajet du bus public qui se dirigeait du centre-ville vers l’aéroport, afin de voir si on pouvait le prendre pas loin de notre AirBNB! En effet, dans deux jours, on revenait au Canada en partant non pas du petit aéroport où on était atterris jusqu’à date et qui était facile d’accès (c’eût été trop beau) mais plutôt du grand aéroport international de BA, situé à deux heures de bus public (!!!) de la ville en raison du traffic. Et ce n’était pas clair si on pouvait le prendre pas trop loin de chez nous, alors on voulait vérifier avant tout en découvrant d’autres quartiers!

Après avoir passé la rue 7 de julio, l’une des plus grandes artères du monde, on est arrivés face au Congrès argentin. J’y ai été salué par un pigeon, qui m’a fait part de son profond respect envers ma personne en me laissant une belle fiente sur l’épaule! Heureusement, on a pu nettoyer le tout! On a continué notre marche à la nuit tombante, dans les quartiers plus populaires d’Once et d’Abasto. Rendus à un certain point, on avait faim et on a donc été cherchés une pizza bien argentine dans un petit resto! Les gars du resto ont tenté de m’aider de leur mieux quand je leur ai demandé où on pouvait prendre le bus pour l’aéroport, mais ça n’a pas été concluant… On a acheté une bouteille de vin et on est revenus à la maison où on a mangé notre festin! La pizza était extraordinaire, mais le vin était franchement ordinaire!… La coupable? Mémé! « On va acheter un vin pas cher » m’avait-elle dit en choisissant un vin à 2$ au magasin, « un vin comme ça équivaut à un vin à 10$ chez nous »! Ça aurait pu, mais non finalement!… On aurait dû se gâter et payer 4$ pour la bouteille haha!

Avant de se coucher, on s’est finalement décidés à réserver une place dans un transport privé vers l’aéroport. C’était plus simple comme ça compte tenu du fait qu’on ne savait pas vraiment où prendre le bus public et à quelle fréquence il passait. Surtout, il aurait fallu le prendre à 5h du matincompte tenu du départ matinal de notre vol… Là, on venait nous chercher directement au AirBNB, et on pouvait dormir un peu plus! C’était plus cher, mais bien mieux!

Le lendemain, on s’est levés pas mal plus tôt que la veille pour notre escapade à Tigre, une petite ville située à une heure de BA! Pour se rendre là, on a d’abord pris le métro, puis on a changé pour prendre le train vers la banlieue de BA. Oui, vous avez bien lu: prendre le train. En Amérique du Sud, là où les trains sont à peu près aussi rares que les poux sur la tête d’un chauve! Coup de chance en plus: on expérimentait les nouveaux trains de la capitale, en service depuis peu! Par contre, la gare où on est embarqués était en construction. Ça a d’ailleurs rendu l’achat de billets compliqué, dans la mesure où il fallait se rendre dans une espèce de cabane non-identifiée qui ressemblait plus à une toilette de chantier de construction qu’à un guichet! Dans les mots d’une gentille madame résignée à ce genre de gossage typiquement sud-américain et qui cherchait aussi le guichet, « c’est tout le temps en construction ici »!

On a ensuite pris le train flambant neuf avant de se rendre compte que ce n’était pas le bon! Heureusement, on a pu débarquer et en prendre un autre, qui se rendait à la bonne place cette fois!  On a roulé un bon moment à travers la banlieue huppée de BA jusqu’au terminus de la station Mitre, là où on devait changer de train. Cet itinéraire était plus long et plus compliqué, mais il nous permettait de prendre le mini train de la Costa! En fait, c’était genre un tramway avec deux wagons! Le trajet était bien sympathique, avec des arrêts dans de vieilles stations patrimoniales et, chose rare à BA, de jolies vues sur le fleuve! 

On a fini par arriver à notre destination: la ville de Tigre. Tigre est une petite ville construite dans le delta du fleuve Parana, une rivière aux eaux bien brunes qui prend sa source en Amazonie et qui se déverse dans le rio de la Plata en formant un delta aux multiples îles. On comptait bien prendre le ferry public pour se rendre sur certaines îles pour marcher! À la gare, alors qu’on cherchait notre chemin, on a été abordés par une Argentin hilarant qui nous a donné des conseils sur la ville! « Les gens viennent à Tigre et pensent que les seules choses qu’on peut y faire c’est aller au parc d’attraction, au casino ou au marché de fruits sans fruits! » nous a-t-il d’emblée déclaré, en faisant référence à la genre de mini-Ronde qui faisait face à la gare, au casino adjacent et à l’ancien marché de fruits devenu depuis une galerie commerciale! « Mais en fait, il y a plein de choses à faire dans les îles! » On l’a remercié et on est ensuite partis à la découverte de Tigre!

Tigre, ce n’est pas bien gros, et tout tourne autour de l’eau. On est donc rapidement arrivés au waterfront, où toutes sortes de bateaux encombraient le canal aux eaux brunes. On a marché vers la gare fluviale, d’où on comptait partir en bateau vers le district de las Tres Bocas, un quartier apparemment très intéressant situé sur une île. Pas de chance: l’eau était trop haute, et on ne pouvait pas descendre à las Tres Bocas! Que faire? Pour se laisser le temps d’y penser, on a cherché un resto où manger. On a jeté notre dévolu sur une place qui se vantait de faire les meilleurs hot-dogs de Tigre! Verdict: c’était pas vrai, et c’était définitivement trop cher pour ce que c’était! Par contre, la salade de Mémé était bonne. En plus, on devait absolument acheter à boire, sinon on ne nous servait pas! Pfffff…. c’est cheap pas mal, ça!

De retour à la gare fluviale, on a cette fois payé un petit 10$ pour un tour de bateau d’une heure et demie dans les îles environnantes. Et c’était parti sur une belle balade sur les eaux brunes du delta, en compagnie de quelques touristes et d’une famille de Quechuas (rebonjour, les Andes)! Avec le soleil, la chaleur, les eaux couleur café et les palmiers, pas de doute, ça ressemblait de plus en plus à l’Amazonie! Notre balade a été très agréable et nous a permis de découvrir les maisons sur pilotis des îles, les palmiers et les jolies constructions du coin. En fait, on comprend qu’il y a beaucoup de propriétés ici qui font office de « chalets » pour de riches habitant de Buenos Aires! À l’évidence, l’eau était haute car elle inondait beaucoup de terrains! C’était bien plaisant en tout cas: on vous le recommande si vous avez un peu de temps et que vous avez déjà bien vu BA, ça change complètement de la ville!

Une fois revenus, on a marché vers le Puerto de frutos, le marché de fruits sans fruits devenu un centre commercial vendant de l’artisanat. C’était un peu ordinaire, alors on a plutôt été marché sur l’île faisant face à Tigre et on est revenus par le waterfront. Détail saugrenu: apparemment, Tigre est la capitale argentine de la régate depuis au moins un siècle. Jamais vu autant de clubs de régates dans une seule ville!! Dans un autre ordre d’idées, j’ai aussi eu la joie de marcher dans du caca de chien… Au nombre de crottes qui jonchent les trottoir en Argentine et avec ma propension à la distraction, il fallait bien que ça arrive un jour ou l'autre! Après la chiure d’oiseau de la veille en plus! Décidément, je traversais une mauvaise passe côté karma!

Vers la fin de l’après-midi, on avait l’impression d’avoir bien vu Tigre et ses environs, et on est donc revenus par le train direct à Buenos Aires. Une heure plus tard, on arrivait à Retiro, la vieille gare déglinguée mais pleine de potentiel de Buenos Aires (avec son architecture digne des belles gares de France)! Finalement, on l’aura fait notre trajet de train en Argentine! En effet, en 2013, on avait bien essayé de prendre le train de Buenos Aires à Cordoba, mais on nous avait dit qu’il n’y avait plus de place disponible pour ce train avant plusieurs mois!

On est revenus à pied en passant par la calle Florida, la rue piétonne et commerciale principale du BA. Quand la taza blue existait, c’était l’endroit de prédilection où changer ses dollars pour des pesos au marché noir. Maintenant que c’en était fini de ce système broche-à-foin, on pensait donc qu’on ne se ferait plus gosser par des dudes louches pour changer notre argent en passant sur la rue. Eh bien non! Il y avait encore autant de changeurs au noir qui nous susurraient « cambio? cambio amigo? cambio chicos? » quand on passait proche d'eux! Pourquoi!?! Qui a encore besoin de leurs services aujourd’hui, alors qu’on peut tout simplement changer l’argent à la banque, de manière plus sécuritaire? C’est pas logique!

On a ensuite fait l’expérience du métro bondé et surchauffé! En sortant, même les 30 degrés de l’extérieur nous paraissaient une brise d’air frais! Pour souper, comme il ne nous restait plus beaucoup d’argent, on est retournés manger à la même confeiteria où on avait été quelques jours plus tôt, à notre arrivée de Patagonie (les plats du jour n’étaient vraiment pas chers!). Alors que les pâtes retenaient les faveurs de Mémé, j’ai pour ma part opté pour le super plat de poulet avec patates espagnoles! Détail comique: on avait le même serveur que l’autre fois! Il avait dû nous reconnaitre par contre, parce qu’il était définitivement moins bête!

À bientôt, pour le récit de notre retour au pays via Rio, Miami et Toronto!

1 commentaire:

  1. Je m'essaie encore une fois: j'ai reçu le 2 février la cp postée de Patagonie le 4 janvier. Au cas où ça marcherait... j'ajoute que j'aime beaucoup vous voir retourner au même endroit à quelques semaines ou années près. K

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