lundi 28 décembre 2015

El Calafate


Holà, c'est MP!

Au petit matin, on s'est rendus vers l'aéroport de BA sous la pluie, contents d'avoir eu droit à des belles journées pour les jours précédents! Initialement, on devait se rendre en taxi avec Basilio et Dina, deux Espagnols rencontrés au mariage qui prenaient le même vol que nous! Mais comme on rencontrait le proprio du AirBnB tôt, on avait finalement convenu qu'on se rendrait par nous-mêmes juste après par nos propres moyens. Finalement, les Espagnols ne sont jamais arrivés à l'aéroport! Peut-être qu'ils prenaient le vol suivant finalement... On les aurait attendu longtemps pour le taxi: on s'est rappelés qu'on aimait pas dépendre des autres en voyage!

Il pleuvait tellement que le vol a été retardé, mais mis-à-part quelques turbulences, tout s'est bien passé. Ah, on était dans la rangée de la sortie de secours! J'étais vraiment énervée, en plus d'avoir tellement plus de place pour nos jambes, j'avais presque envie qu'on vive un petit crash pour pouvoir gérer la situation ;)

La vue était magnifique, des grandes montagnes, des lacs... En fait, depuis qu'on est en Patagonie, le paysage me fait beaucoup penser à celui du Nunavik, sauf qu'il y a des arbres de temps en temps, un peu plus de verdure, moins de rochers et que les maisons ne sont pas toutes pareilles.

25 km séparent le mini-aéroport de El Calafate du "centre-ville", distance qu'on ne peut pas faire autrement qu'en taxi ou en bus privé, pour 20$ aller-retour! Les cheaps que nous sommes ont eu droit à un premier aperçu des prix patagons... On avait déjà réservé nos 2 premières nuits dans un hostel, plutôt correct sans être extraordinaire (surtout pour le prix). La fille de la réception nous a expliqué les excursions possibles pour aller au Glacier Perito Moreno, l'attraction principale qui attire les masses de touristes à El Calafate, ville sans grand attrait par ailleurs. En fait, c'est pas si moche, c'est une ville de 16 000 habitants dont 97% (!) d'entre eux vivent du tourisme. La ville est donc organisée en conséquence: des millions de restos, des milliers d'hostel, des centaines d'agences de tourisme et des dizaines de magasins de plein-air.

Juste pour contre-vérifier les infos que la fille de l'hostel nous a donnés, on est allés faire un tour à la gare routière, où il y avait une information touristique officielle. Et là ça nous a frappé: les prix ont réellement DOUBLÉ par rapport à ceux du Lonely Planet (qui date pourtant de août 2014)! On avait calculé combien d'argent US on amenait selon ces prix-là, une chance finalement qu'on peut maintenant retirer de l'argent au même taux!

On s'est promenés dans la ville, qui nous rappelle plusieurs petites villes perdues qu'on a déjà vues, genre Karakol au Kirghizstan (ok j'avoue que ça ne doit pas vous dire grand chose, mais reste que c'est la meilleure comparaison qu'on a trouvé). Les chiens errants ne font bien sûr pas exception et François se délecte de leur présence...!

On a marché le long du Lago Argentino, un beau lac à l'eau bleue-grise devant les montagnes! On a la possibilité de marcher dans le parc municipal, soit des sentiers dans un marais devant le lac. Le tout pour la modique somme de 25$... On voyait déjà très bien le lac donc on a juste longé la route, puis on a marché un peu sur une plage de galets, où un chien nous a adopté et galopait autour de nous entre deux crises de "je me jette par terre et je bouge comme un défoncé parce que j'ai des puces et ça pique". 

On est finalement revenus au village et on a mangé une soupe dans un mignon resto, parce que avec la température (environ 5 degrés) et le vent, on avait envie de plats réconfortants! Lorsqu'est venu le moment de payer, je fais un signe dans les airs (qui veut dire "La cuenta por favor"), comme d'habitude. La proprio vient finalement nous porter un papier où est écrit "Diana Krall - Come dance with me". Elle pensait que je voulais connaître le titre de la chanson qui jouait! On a tellement trouvé ça drôle!

Aparté sur la température:
François a la fâcheuse habitude de moduler les informations pour me convaincre de faire X, ou ne pas me décourager. Par exemple, il m'avait dit qu'il ferait entre 12 et 18 degrés en Patagonie. J'avais donc acheté un nouveau manteau en conséquence et lui de son côté il ne comptait pas vraiment amener de linge chaud à part son coupe-vent et ses combines. Quand on a fait nos valises, j'ai proposé qu'on aille vérifier quelle température il faisait présentement là-bas: -6 à 2 degrés... Ah oui, et parfois le vent va à 50 km/h... Bravo François! On a donc rajouté du linge chaud, tsé... 

De retour à l'hostel, on a rencontré nos voisins de dortoir, un Français et sa cousine qui n'avaient pas particulièrement l'air d'avoir beaucoup de plaisir ensemble. Le lendemain, notre tour (eh oui, pratiquement tout doit se faire en tour organisé ici) se rendait au glacier Perito Moreno par la vieille route, qui longeait plusieurs estancias (fermes). Les estancias sont immenses, et à part les vaches et les chevaux, on y voit beaucoup de moutons. On est arrêtés à l'une d'entre elle pour une pause-pipi et j'en ai profité pour devenir amie avec un guanaco apprivoisé (une sorte de lama) qui était très sociable et voulait des câlins de la part de tout le monde. Il y avait aussi une bonne dizaine de moutons qui se promenaient sur la terrasse et qui se faisaient flatter, se roulaient par terre dans la boue ou se grattaient avec leurs cornes...

On s'approchait de plus en plus des montagnes et on a fini par apercevoir le glacier au loin! C'est une étendue de neige/glace qui descend entre les montagnes puis qui coupe drastiquement devant un lac! Il fait 30 km de long, 5 km de large et 60 mètres de haut! On est descendus du bus pour marcher environ 1h vers un petit port, où certains pouvaient payer pour prendre un bateau pour s'approcher du glacier. Le sentier était tout simple mais bien agréable, et on avait vue sur le lac, les montagnes escarpées enneigées et le glacier. Après, le bus nous a amené sur le site devant le glacier. Il y a plusieurs sentiers et passerelles qui permettent d'admirer le glacier de différents points de vue.

"Admirer" en effet: c'est tout simplement magnifique!!! On avait peur que ce soit un Walt Disney mais finalement, la masse de touriste se fond bien dans les km de sentiers. Avec le soleil, le glacier prend une teinte bleutée, ce qui est particulièrement beau! Par contre, il y avait trop de nuages pour qu'on voit les montagnes derrière le glacier, mais c'était déjà bien joli comme ça. On a mangé des "délicieux" sandwichs au beurre d'arachide en observant le paysage, et en espérant voir des morceaux de glace se détacher du glacier, comme le montrerait tout bon documentaire du National Geographic ayant pour objectif de convaincre les climato-septiques. D'ailleurs, on a appris que le glacier Perito Moreno est stable: il perd 2 mètres de glace par jour qui tombent dans le lac, mais il se reconstruit d'autant à son origine! Il y a une mince couche d'eau qui se forme sous les tonnes de glace, ce qui permet au glacier de "glisser" et d'avancer tranquillement.

Le glacier n'est pas lisse comme une banquise, il est plein de crevasses et des pics de glace. La meilleure comparaison qu'on a trouvé pour vous faire comprendre (outre une rapide recherche sur Google), c'est que ça ressemble au glaçage d'un gâteau McCain!

Nous qui pensions qu'on allait avoir trop de temps avec les 3 heures qu'on avait devant le glacier, on aurait pu y rester encore des heures tellement c'était beau! En plus, l'apparence du glacier change selon la lumière ambiante! En revenant vers les bus, on a pu voir le plus gros morceau de glace de la journée tomber! Il devait être d'environ 2 mètres de haut, ça a fait pas mal de vagues disons! Quand la glace se détache comme ça, ça fait des bruits de coups de feu, c'est quand même particulier! Sinon, on peut aussi entendre le glacier "avancer" et se cogner contre les roches des montagnes, ça fait un petit craquement constant. Et quand des gros morceaux de glace se détachent, ça peut faire des petits Iceberg, qui flottent dans le lac!

On a pas vu le temps passer et on est arrivés un peu en retard pour rejoindre notre bus, même après la Russe un peu bizarre du groupe qui avait l'air complètement désorientée à l'idée de se retrouver dans les sentiers du parc... En tout cas, ce fut une bien belle journée!

En revenant à l'hostel le soir, on a discuté un peu avec les employés pour voir comment organiser nos jours suivants. On s'est vite rendus compte qu'on avait fait l'erreur de ne pas réserver nos choses d'avance... Comme vous savez, on ne réserve habituellement pas grand chose parce qu'on aime pouvoir se laisser du jeu si jamais on aime (ou pas) un endroit. On avait lu qu'en Patagonie durant la haute saison on était mieux de réserver mais on s'était dit qu'au pire on ferait du camping (on a amené notre tente). Par contre, la température des jours suivants s'annonçait apocalyptique et l'idée de faire du camping nous paraissait soudainement moins tentante... 

Bref, pendant 4 heures, on a cherché des hostels, organisé les bus et les différents tours des jours à venir. Pfffff. En plus, on était un peu déprimés parce qu'on nous a dit qu'il n'y avait plus de place dans les bus vers Puerto Natales au Chili, où on comptait aller faire 4 jours de trek/camping dans le parc Torres del Paine. C'est pour cette raison qu'on avait amené notre tente et on avait bien hâte de découvrir ce mythique parc national de Patagonie... On en revenait pas qu'il faille réserver autant d'avance les bus et en fait on ne saurait même pas exactement comment faire pour organiser tout un voyage à distance et en avance!

Morts d'autant de préparatifs, on a soupé dans le resto de l'hostel, tenu par une madame bien sympathique, où on a mangé deux mijotés traditionnels: un avec des pâtes et l'autre avec des lentilles + un verre de vin maison. C'était bien bon! Comme on mange vers 21h00 depuis qu'on est ici (le soleil se couche à 22h30), on est allés se coucher directement après le souper car on partait tôt le lendemain vers le village d'El Chalten!

dimanche 27 décembre 2015

Palermo et un asado argentin


Salut! C'est François!

Comme on s'était couchés à 5h30 du matin la veille, on s'est réveillés vers 14h et vers 15h on débutait notre journée! Même si on n'était pas trop lendemain de veille, le mot d'ordre du jour était: on prend ça relax! On a donc marché dans Palermo avec l'objectif de se rendre aux grands parcs de ce joli quartier de Buenos Aires. 

La dernière fois qu'on était à Buenos Aires, on était à peine allés à Palermo (pour souper et prendre un verre avec des amis, et on s'était rendus en taxi), alors on découvrait une autre facette de la ville! On a donc marché un peu au hasard, explorant une église au passage, avant d'arriver au Jardin botanique. On a passé un peu plus d'une heure à déambuler entre les grands arbres, un oasis de calme relatif dans une ville hyperactive! C'était parfait pour un lendemain de veille! Près du bâtiment principal, on en a profité pour écouter un concert de jazz en plein air!

On est ensuite retournés en pleine ville. On a marché le long des grandes artères en passant devant le zoo et ses flamants afin d'atteindre les grands parcs de Palermo. Il faisait beau et chaud, et ceux-ci étaient plein de monde. On s'est pris un jus d'orange fraîchement pressé acheté à un vendeur itinérant, puis on s'est dirigés vers le jardin japonais. Celui-ci était fermé et on s'est donc rabattus sur un autre parc plein de Porteños chillant et buvant du maté. Là, la fatigue a eu raison de Mémé, qui a dormi sur un banc de parc pendant 45 minutes!

À son réveil, on a lentement marché vers le vieux Palermo (Palermo viejo) où on comptait souper. En chemin, on est passés par un parc plein de vie (encore!) où des gens jouaient du tam-tam. Rendus à Palermo viejo, notre estomac nous a dirigé vers un resto de crêpes! On a mangé sur le toit, d'où on avait une belle vue sur la rue. Ce coin de Palermo est vraiment agréable: c'est une suite de bars, de restos et de boutiques branchés, qui s'anime et s'allume une fois le soir venu! J'y étais déjà venu pour souper en 2006, puis Mémé et moi y étions retournés avec des amis pour manger et sortir en 2013, et ça reste un de nos endroits favoris pour aller manger à BA! Une fois rassasiés, on a marché dans le coin un peu avant de revenir à pied à notre appart. On a réglé quelques trucs avec le proprio du AirBnB, Ignacio, puis on est retournés se coucher. La journée n'avait pas été longue!

Le lendemain, on s'est levés tôt car on avait rendez-vous à 9h devant la maison des parents de Rocio, notre amie argentine qui se mariait! On était en effet, les "étrangers" qui étaient au mariage étaient invités à un BBQ (asado) post-mariage à la campagne! Pour ceux qui l'ignorent, l'asado est à l'Argentine ce que la cabane à sucre est au Québec: une tradition incontournable, à laquelle on n'a pas toujours la chance d'assister en tant que touristes! Là, nous y étions invités! On s'est donc rendus à pied et en métro vers la maison des parents de Rocio, qui se trouve dans le quartier plus huppé de Belgrano (que nous n'avions pas non plus visité lors de notre précédente visite). En marchant, on a croisé le quartier chinois de BA, dont on ignorait l'existence! 

On est arrivés face à une tour à condos, et on était seuls... Bon, on était 10 minutes d'avance, mais quand même, on commençait à douter d'être à la bonne place... On a donc demandé au garde de sécurité qui nous regardait avec un air un peu suspect si Mme Martire (la mère de Rocio) habitait bien ici. Il a fait ni une ni deux et l'a immédiatement appelée! Non seulement ça, mais il nous a invités à monter! On était vraiment gênés: on voulait simplement savoir si on était bien au bon endroit, et voilà qu'on débarquait d'avance chez quelqu'un que nous n'avions jamais vu! On se trouvait un peu lourds, mais heureusement Mihnea (le marié) nous a répondu, on s'est excusés, il nous a dit qu'il serait prêt dans 2 minutes et on est redescendus attendre à l'entrée...

Après un certain temps, les autres ont commencé à arriver. On était un groupe assez hétéroclite: il y avait quelques amis québécois, deux Chiliens qui avaient étudié à Québec (Carmen de Patagonie, et Pablo, de Santiago) et qu'on connaissait, 2 franco-marocains, un couple d'Espagnols, un groupe de Roumains (la famille de Mihnea), ainsi que des collègues de travail de Mihnea et leur famille (dont une juge). Tout ce beau monde est embarqué dans un minibus loué pour l'occasion et on est partis ensemble vers la maison de campagne d'un oncle de Rocio, au nord de Buenos Aires (région de Lujan). L'oncle en question n'y était pas (il est diplomate en Chine et se trouvait là-bas au même moment) mais il nous passait sa maison pour la journée!

Après une heure de route, on est arrivés à la maison, une belle demeure ancestrale située en plein champs, dans la pampa. La pampa est la vaste plaine herbeuse qui ceinture Buenos Aires. Grenier à blé de l'Argentine, c'est aussi sur cet immense territoire agricole que broutent les boeufs qui produisent la viande rouge qui fait la renommée du pays! La pampa, c'est également le lieu de naissance du mythique gaucho, le cow-boy argentin! Là encore, c'est une région qu'on n'avait pas visité la dernière fois, alors on était contents d'y faire un tour! 

Après avoir fait le tour des lieux, la chose qui a attiré notre attention a naturellement été l'asado! En fait, la viande cuit sur une grille située à côté (et non pas dessus) d'un feu de bois en plein air, et ils répartissent de temps en temps de la braise sous les grilles. Pour l'occasion, le père de Rocio faisait griller des chorizos (saucisses) et différents morceaux de boeuf. Mais le clou du spectacle était la chèvre entière qui rôtissait à la verticale! La viande venait en grande partie de sa propre ferme qu'il a un peu plus loin! C'était excellent, et il y en avait beaucoup trop! Bien entendu, le vin coulait aussi à flot!

Il faisait beau et chaud et on peut résumer la journée comme suit : baignade (il y avait une piscine) + bouffe + vin + jaser avec tout le monde. On est aussi allés voir les chevaux dans les champs. Ça a été une super journée! On a beau être restés 8h (on est arrivés à 11h et on est partis à 19h), ça a passé en un éclair! On a quitté le domaine à regret pour Buenos Aires, en remerciant le père de Rocio et en saluant les sympathiques parents de Mihnea. 

De retour à BA, on est tous allés souper dans un bar à thématique country dans Belgrano, où on a attendu interminablement pour la bouffe. Sérieusement, les plats ont dû arriver 1h30 après qu'on ait commandé! Bienvenue en Argentine, un pays où le service est leeeeeennnnt! Il se faisait tard et on partait le lendemain pour la Patagonie, donc on a fait nos adieux à tout le monde une fois notre repas terminé et on est partis en bus public vers notre AirBnB. En passant, pour se déplacer en bus à BA, il faut passer par le site ComoLlego, car les trajets ne sont pas encore disponibles sur Google Maps. Bon à savoir (merci Rocio!)

On a fait les sacs et on s'est couchés tard, complètement crevés par cette grosse journée de soleil!

Nos aventures patagones dans la prochaine entrée! À bientôt! 

vendredi 25 décembre 2015

Un mariage à Buenos Aires


Allô! C'est François qui continue!

Donc, on est sortis de l'aéroport en bus, sans s'être faire gosser par des chauffeurs de taxi (une première je pense)! À noter qu'il y a un habile système pour le transport à partir de l'aéroport (au détriment des touristes, naturellement...) En fait, l'aéroport est desservi par des bus de ville très peu dispendieux (30 sous le voyage), mais on ne peut y monter qu'en payant avec une carte magnétique. Or, cette carte magnétique s'achète dans tous les dépanneurs (kioskos) de BA... sauf qu'elle n'est pas disponible à l'aéroport! Ça avantage donc les Portenos (les habitants de BA) et ça fait en sorte que les autres, qui n'ont pas cette carte à leur arrivée à Buenos Aires, doivent payer plus cher. L'option pour ceux qui n'ont pas la carte Sube: un bus à 3$ l'aller (pas cher, mais tout de même 10 fois plus cher que le bus de ville) ou le taxi. C'est tout de même habile comme combine!

Bref, on est débarqués dans Palermo, un quartier branché du nord de Buenos Aires. C'était un véritable plaisir pour nous de revenir dans cette ville géniale d'Amérique du Sud, et de se balader à nouveau dans ses rues pleines d'arbres matures, entre de vieux bâtiments de style français! En ce qui me concerne, c'était ma 3e visite (2006, 2013 et 2015), alors j'avais la curieuse impression de revenir un peu à la maison!... Ici, on est à la fin du printemps, alors il fait environ 25-30 degrés et les arbres sont en fleurs, ce qui colore la ville de mauve! Avec un ciel bleu et le soleil, BA nous accueillait donc à bras ouverts! Alors qu'on se promenait, un gentil mendiant nous a souhaité la bienvenue et nous a parlé un moment, en tenant à nous dire qu'il gardait précieusement un pièce de monnaie canadienne qu'un voyageur lui avait donné un jour! Mémé était toute contente de reparler espagnol! C'était aussi plaisant d'entendre à nouveau l'accent du rio de la Plata, avec ses "y" et ses "ll" qui deviennent des "ch"! 

On s'est ensuite rendus au AirBnB qu'on avait réservé. Personne ne nous attendait à l'entrée, quand soudain un gros taupin (!!) est venu nous ouvrir. "C'est vous les Canadiens?" Euh... oui.... En fait, c'était le concierge, qui s'est révélé être doux comme un agneau malgré son air de brute! Et il nous a fait monter au 2e étage, où se trouvait notre appartement! C'était la première fois qu'on louait un AirBnB, alors on ne savait pas trop à quoi s'attendre. Finalement, la mère du gars qui nous louait l'appart (Ignacio) est venue nous rejoindre, elle était super sympathique et nous a tout expliqué ce qu'on devait savoir sur l'appart et le coin. Quand on lui a dit qu'on allait à un mariage le soir même, elle nous a demandé où se tiendrait la réception. "À l'Hippodrome de Palermo"! Ses yeux se sont alors mis à briller quand elle a répondu avec admiration "Oh wow!"! Ça promettait! Après m'avoir trouvé un fer à repasser pour ma chemise, elle est partie et on a pris possession de l'appart. C'était en fait un petit studio avec chambre-cuisine-salon dans la même pièce + une salle de bain, mais c'était parfait pour nous et pas cher!

Il nous fallait ensuite aller changer de l'argent. Maintenant que le taux de change au noir avait disparu, on se disait qu'on pourrait aller à la banque. Sauf qu'on était samedi et les banques sont fermées! Où pouvait-on aller? On a demandé à un gardien de sécurité, qui nous a référé au gars du kiosque du coin, qui nous a envoyé vers un centre d'achat, et un gars d'un stand du centre d'achat nous a enfin indiqué un bureau de change! Complexe, mais efficace! Dans la file pour le bureau de change, il y avait des gars un peu louches qui voulaient nous changer de l'argent... Sachant que les faux billets sont légion en Argentine et maintenant qu'il n'est plus nécessaire de changer au noir, disons qu'on préférait aller avec quelque chose de plus officiel... 

Ces "tramites" effectués, on s'est installés sur une terrasse sur la rue pour manger, avant de revenir au AirBnB (on a au passage acheté la fameuse carte Subte pour les transports en commun). Comme on était toujours fatigués du voyage (on se souvient qu'on avait dormi 4 heures par nuits pour les 3 dernières nuits), on a donc fait une sieste en prévision de la soirée! Parce que le mariage commençait à 20h, ce qui est tout à fait normal en Argentine! On s'est ensuite préparés puis on est partis en métro vers l'église où devait se tenir le mariage. Le mariage avait lieu à l'église San Benito Abad, dans une autre zone de Palermo!

MP: François veut que je continue parce qu'il dit que je suis meilleure pour décrire le mariage (division sexuelle du travail!)... L'église était vraiment belle, l'équivalent d'une des belles églises du Québec disons! On a retrouvé les autres Québécois devant l'église. On devait être une 30aine de personnes à s'être déplacés! Plusieurs sont des hispanophones que Rocio (la mariée) avait rencontrés au Québec. Certains habitent encore au Québec, d'autres sont revenus en Amérique du Sud depuis. C'est un Mihnea (le marié) tout stressé qui attendait sa douce: Rocio est arrivée au bras de son père, magnifique dans sa robe en dentelle avec une longue traîne! La cérémonie s'est bien déroulée, même si on a pas tout compris de ce que disait le prêtre, avec son fort accent argentin et le reverb du micro... Il y avait un quatuor à cordes et une soprano, ainsi que 3 (!) photographes qui sont restés jusqu'aux petites heures du matin et qui prenaient leur job très au sérieux!

François: Après, on a été prendre des photos dehors (il fallait sortir de l'église car il y avait un autre mariage à 21h). On a pu saluer les nouveaux mariés et on est ensuite partis à pied avec deux autres Québécois vers l'hippodrome de Palermo, où devait se tenir la réception! En chemin, on a croisé deux vendeurs de rue qui se battaient. La police est rapidement intervenue de manière douce puis plus musclée... C'est ça aussi, l'Amérique du Sud... 

MP: Aller aux courses à l'Hipodromo de Palermo est une activité chic pour la haute société de BA. La place était magnifique, tout comme la salle! Le cocktail avait lieu dehors, sur une terrasse qui donnait sur la piste de course (sans chevaux). La température était parfaite et les milliards d'entrées encore plus! Des dizaines de serveurs nous proposaient une 20aine d'entrées différentes, toutes aussi bonnes les unes que les autres! Le tout accompagné de champagne bien sûr! Déjà avec ça, nos papilles de foodies étaient comblées!

On est entrés dans la salle, où les tables étaient disposées autour de la piste de danse.Tous étaient assis quand Rocio et Mihnea sont entrés en courant dans la salle: tout le monde s'est mis à crier et les ont rejoint sur la piste où on s'est mis à danser comme des fous! C'était vraiment un beau moment! Le DJ (qui était particulièrement bon) a dit après à Rocio que ses invités étaient un des meilleurs publics qu'il ait vu et qu'il s'attendait à ce que la soirée soit géniale haha!

On était assis à table avec Angus et Charlotte, deux amis de Québec qui habitent à 1 coin de rue de chez nous, et Hossman et Assna, un ami d'enfance de Mihnea de quand il a habité au Maroc étant jeune. Ils étaient bien sympathiques! Le plat principal est arrivé, avec une grosse pièce de viande bien sûr. Puis on a dansé à nouveau: on s'attendait à ce que la danse soit au centre du mariage, mais on a trouvé que c'était intelligent de nous faire danser entre les plats, pour qu'on puisse digérer un peu! Ce qui était chouette aussi c'est que les plus vieux dansaient aussi! 

Il y avait aussi un photomaton où on pouvait aller prendre des photos avec des accessoires. Sinon, chaque table avait un carton qui racontait une anecdote de l'histoire de Rocio et Mihnea! Puis, il y a eu un dessert à table, encore de la danse, puis un buffet de dessert sur la terrasse! C'était incroyable, on a pas été capables de goûter à tout tellement il y en avait!

François: Un peu avant 5h du matin, la fatigue, l'alcool et les desserts avaient complètement eu raison de notre énergie, alors on est revenus en taxi au AirBnB! Le party s'est apparemment poursuivi jusqu'à 7h du matin, et on a raté les pizzas comme snack de fin de soirée 6h30...!), mais on était tellement morts qu'on n'en aurait pas profité! Ça a été une excellente soirée!!! 

Joyeux Noël!!!

mercredi 23 décembre 2015

Transfert vers Buenos Aires


Holà todos! C'est Marie-Pascale!

Et c'est parti pour un nouveau blog!

Comme on avait acheté nos billets d'avion plutôt à la dernière minute, notre trajet pour se rendre à Buenos Aires était, disons-le, peu efficace. 

François étant à Montréal pour le travail, on se rejoignait à Toronto d'où partait notre premier vol. De mon côté, j'ai quitté Québec vers 7h30 un peu fatiguée d'un Vins et fromages de médecine qui avait eu lieu la veille. Après avoir cherché avec angoisse mes clés pendant 5 minutes (qui étaient tombées dans le fond de mon sac), j'ai pu expérimenter l'inefficacité du transport en commun de la ville de Québec pour se rendre à l'aéroport, après 1h de bus en banlieue puis 25 minutes de marche sur le terrain de l'aéroport. L'aéroport de Québec est minuscule, il n'y avait personne en file pour le check-in et personne en ligne pour la sécurité...! D'ailleurs, quand on a refusé que je passe la sécurité avec une compote de pommes, je suis revenue sur mes pas pour la manger avant d'y revenir, et les employés ne m'ont pas redemandé mon passeport à nouveau parce qu'ils me reconnaissaient... C'est petit...!

On était environ 25 dans le vol de Porter vers Toronto et le vol s'est déroulé sans problème. Il atterrissait à l'aéroport Billy Bishop qui est en plein centre-ville de Toronto: quand même pratique! J'ai marché pendant longtemps le long de la promenade aménagée le long du lac et je me suis arrêtée pour manger dans un food court qui avait vue sur l'eau. En partant, deux mamies m'ont apostrophé pour me demander où je partais comme ça et on a jasé un certain moment, à mon plus grand plaisir de gérontophile. Une d'elles m'a dit : "but you're in the ugliest part of the city, it's all new!" Et elles ont commencé à me décrire comment me rendre dans les coins plus vieux de la ville, ce que je comptais faire après! 

L'heure d'arrivée en bus de François approchait alors je me suis rendue à la gare. Rendue là, je me suis dit qu'on était un peu tatas parce qu'on avait aucun moyen de se rejoindre si quelqu'un avait raté son transport ou je ne sais quoi. Le bus avait 30 minutes de retard et je commençais à m'inquiéter... Il est finalement arrivé et mis à part une dame qui parlait Hindi vraiment fort tout le long du trajet et une autre qui a taché de sang menstruel l'entièreté du siège de toilette du bus (?), paraîtrait que son trajet s'est plutôt bien passé... 

On est allés s'acheter un souper dans une petite épicerie avant de filer vers l'aéroport. Venait alors l'immmmmmense file de pré-dédouanement américain. Leurs machines d'enregistrement automatique étaient un fail total: mon nom dans mon passeport qu'elle a copié n'était pas le bon, personne n'était capable de me dire quoi faire contre ça, puis le tout a culminé avec un shut-down généralisé de toutes les machines...

On est arrivés à Orlando vers 23h30, puis après avoir récupéré nos sacs, on a pris un taxi vers un endroit magnifique: La Quinta Inn Hotel Airport West. On avait réservé un hôtel dans le coin de l'aéroport parce qu'on ne survivrait pas à deux nuits blanches avant d'arriver à Buenos Aires, et ce juste avant une nuit blanche pour le mariage... Le chauffeur de taxi était bête comme ses pieds, et contrairement ce qu'il disait, il avait aucune idée de où aller. S'en est suivi quelques détours un peu bizarres qui nous l'ont fait détester encore plus, lui et ses compatriotes.

L'hôtel était correct, racheté par la madame bien sympathique de la réception et par le fait qu'on a pu voler quelques trucs de déjeuner le lendemain matin à 6h00 juste avant d'embarquer dans la navette de l'hôtel vers l'aéroport. 

Notre vol suivant était avec TAM vers Sao Paulo. 9 longues heures de vol qui se sont transformées en 10 par des demi-tours de l'avion pour éviter un orage au-dessus de la ville. De l'avion, c'était vraiment bien de voir tous les éclairs (au loin) qui éclairaient le ciel!

Nous et nos anciennes bases de portugnol, on dormait dans un hôtel situé dans l'aéroport, qui avait des chambres minuscules avec un lit à deux étages, parfait pour une escale entre deux vols! On a soupé rapidement au Pizza Hut de l'aéroport, une merveille de désorganisation où personne ne savait où aller pour commander et recevoir sa pointe de pizza, malgré une quantité d'employés exagérée...

Notre dernier vol le lendemain matin (enfin!) était vers Buenos, où l'avion est parti une heure en retard. Le problème c'est qu'on avait rendez-vous avec le propriétaire du AirBnB où on allait dormir pour les 3 prochaines nuits...

À BA, on a cherché un comptoir d'information pour savoir comment se rendre en ville. Bien sûr, on nous a proposé d'y aller en taxi... Pendant que j'attendais en file pour changer de l'argent, François est allé voir à un autre kiosque voir si d'autres employés étaient plus débrouillards que la première... Il y avait finalement un bus dans 10 minutes alors on s'est dépêchés pour le prendre!

Aparté sur l'argent en Argentine. En 2013 quand on y était allés, il y avait déjà le concept de "taza blue", un taux de change parallèle pour les $US. Les Argentins avaient/ont tellement peu confiance en leur monnaie à cause de la situation économique qu'ils ont commencé à changer tous leurs pesos pour de l'argent US. Le gouvernement avait donc interdit l'achat de $US, ce qui a créé un double marché: le taux officiel (environ 10 pesons pour 1$ US avant qu'on parte) et le taux au noir (environ 15 pesos pour 1$). On était donc allés sortir de l'argent US au Canada pour ne pas avoir à retirer de l'argent des guichets automatiques en Argentine. Par contre, le matin même où on partait, le nouveau gouvernement argentin (arrivé au pouvoir il y a 1 mois) a décidé d'utiliser le vrai taux du marché pour le peso (15) et dorénavant les banques allaient utiliser ce taux... Il n'y avait donc plus aucun avantage à trainer avec soi un liasse de billets US, ce qu'on a su trop tard... Les innombrables maisons de changes illégales sont donc disparues du jour au lendemain!

Bon, après 50 heures de transfert, nous voilà à BA, (presque) frais et dispo pour notre premier (et probablement dernier) mariage argentin!)