lundi 28 décembre 2015

El Calafate


Holà, c'est MP!

Au petit matin, on s'est rendus vers l'aéroport de BA sous la pluie, contents d'avoir eu droit à des belles journées pour les jours précédents! Initialement, on devait se rendre en taxi avec Basilio et Dina, deux Espagnols rencontrés au mariage qui prenaient le même vol que nous! Mais comme on rencontrait le proprio du AirBnB tôt, on avait finalement convenu qu'on se rendrait par nous-mêmes juste après par nos propres moyens. Finalement, les Espagnols ne sont jamais arrivés à l'aéroport! Peut-être qu'ils prenaient le vol suivant finalement... On les aurait attendu longtemps pour le taxi: on s'est rappelés qu'on aimait pas dépendre des autres en voyage!

Il pleuvait tellement que le vol a été retardé, mais mis-à-part quelques turbulences, tout s'est bien passé. Ah, on était dans la rangée de la sortie de secours! J'étais vraiment énervée, en plus d'avoir tellement plus de place pour nos jambes, j'avais presque envie qu'on vive un petit crash pour pouvoir gérer la situation ;)

La vue était magnifique, des grandes montagnes, des lacs... En fait, depuis qu'on est en Patagonie, le paysage me fait beaucoup penser à celui du Nunavik, sauf qu'il y a des arbres de temps en temps, un peu plus de verdure, moins de rochers et que les maisons ne sont pas toutes pareilles.

25 km séparent le mini-aéroport de El Calafate du "centre-ville", distance qu'on ne peut pas faire autrement qu'en taxi ou en bus privé, pour 20$ aller-retour! Les cheaps que nous sommes ont eu droit à un premier aperçu des prix patagons... On avait déjà réservé nos 2 premières nuits dans un hostel, plutôt correct sans être extraordinaire (surtout pour le prix). La fille de la réception nous a expliqué les excursions possibles pour aller au Glacier Perito Moreno, l'attraction principale qui attire les masses de touristes à El Calafate, ville sans grand attrait par ailleurs. En fait, c'est pas si moche, c'est une ville de 16 000 habitants dont 97% (!) d'entre eux vivent du tourisme. La ville est donc organisée en conséquence: des millions de restos, des milliers d'hostel, des centaines d'agences de tourisme et des dizaines de magasins de plein-air.

Juste pour contre-vérifier les infos que la fille de l'hostel nous a donnés, on est allés faire un tour à la gare routière, où il y avait une information touristique officielle. Et là ça nous a frappé: les prix ont réellement DOUBLÉ par rapport à ceux du Lonely Planet (qui date pourtant de août 2014)! On avait calculé combien d'argent US on amenait selon ces prix-là, une chance finalement qu'on peut maintenant retirer de l'argent au même taux!

On s'est promenés dans la ville, qui nous rappelle plusieurs petites villes perdues qu'on a déjà vues, genre Karakol au Kirghizstan (ok j'avoue que ça ne doit pas vous dire grand chose, mais reste que c'est la meilleure comparaison qu'on a trouvé). Les chiens errants ne font bien sûr pas exception et François se délecte de leur présence...!

On a marché le long du Lago Argentino, un beau lac à l'eau bleue-grise devant les montagnes! On a la possibilité de marcher dans le parc municipal, soit des sentiers dans un marais devant le lac. Le tout pour la modique somme de 25$... On voyait déjà très bien le lac donc on a juste longé la route, puis on a marché un peu sur une plage de galets, où un chien nous a adopté et galopait autour de nous entre deux crises de "je me jette par terre et je bouge comme un défoncé parce que j'ai des puces et ça pique". 

On est finalement revenus au village et on a mangé une soupe dans un mignon resto, parce que avec la température (environ 5 degrés) et le vent, on avait envie de plats réconfortants! Lorsqu'est venu le moment de payer, je fais un signe dans les airs (qui veut dire "La cuenta por favor"), comme d'habitude. La proprio vient finalement nous porter un papier où est écrit "Diana Krall - Come dance with me". Elle pensait que je voulais connaître le titre de la chanson qui jouait! On a tellement trouvé ça drôle!

Aparté sur la température:
François a la fâcheuse habitude de moduler les informations pour me convaincre de faire X, ou ne pas me décourager. Par exemple, il m'avait dit qu'il ferait entre 12 et 18 degrés en Patagonie. J'avais donc acheté un nouveau manteau en conséquence et lui de son côté il ne comptait pas vraiment amener de linge chaud à part son coupe-vent et ses combines. Quand on a fait nos valises, j'ai proposé qu'on aille vérifier quelle température il faisait présentement là-bas: -6 à 2 degrés... Ah oui, et parfois le vent va à 50 km/h... Bravo François! On a donc rajouté du linge chaud, tsé... 

De retour à l'hostel, on a rencontré nos voisins de dortoir, un Français et sa cousine qui n'avaient pas particulièrement l'air d'avoir beaucoup de plaisir ensemble. Le lendemain, notre tour (eh oui, pratiquement tout doit se faire en tour organisé ici) se rendait au glacier Perito Moreno par la vieille route, qui longeait plusieurs estancias (fermes). Les estancias sont immenses, et à part les vaches et les chevaux, on y voit beaucoup de moutons. On est arrêtés à l'une d'entre elle pour une pause-pipi et j'en ai profité pour devenir amie avec un guanaco apprivoisé (une sorte de lama) qui était très sociable et voulait des câlins de la part de tout le monde. Il y avait aussi une bonne dizaine de moutons qui se promenaient sur la terrasse et qui se faisaient flatter, se roulaient par terre dans la boue ou se grattaient avec leurs cornes...

On s'approchait de plus en plus des montagnes et on a fini par apercevoir le glacier au loin! C'est une étendue de neige/glace qui descend entre les montagnes puis qui coupe drastiquement devant un lac! Il fait 30 km de long, 5 km de large et 60 mètres de haut! On est descendus du bus pour marcher environ 1h vers un petit port, où certains pouvaient payer pour prendre un bateau pour s'approcher du glacier. Le sentier était tout simple mais bien agréable, et on avait vue sur le lac, les montagnes escarpées enneigées et le glacier. Après, le bus nous a amené sur le site devant le glacier. Il y a plusieurs sentiers et passerelles qui permettent d'admirer le glacier de différents points de vue.

"Admirer" en effet: c'est tout simplement magnifique!!! On avait peur que ce soit un Walt Disney mais finalement, la masse de touriste se fond bien dans les km de sentiers. Avec le soleil, le glacier prend une teinte bleutée, ce qui est particulièrement beau! Par contre, il y avait trop de nuages pour qu'on voit les montagnes derrière le glacier, mais c'était déjà bien joli comme ça. On a mangé des "délicieux" sandwichs au beurre d'arachide en observant le paysage, et en espérant voir des morceaux de glace se détacher du glacier, comme le montrerait tout bon documentaire du National Geographic ayant pour objectif de convaincre les climato-septiques. D'ailleurs, on a appris que le glacier Perito Moreno est stable: il perd 2 mètres de glace par jour qui tombent dans le lac, mais il se reconstruit d'autant à son origine! Il y a une mince couche d'eau qui se forme sous les tonnes de glace, ce qui permet au glacier de "glisser" et d'avancer tranquillement.

Le glacier n'est pas lisse comme une banquise, il est plein de crevasses et des pics de glace. La meilleure comparaison qu'on a trouvé pour vous faire comprendre (outre une rapide recherche sur Google), c'est que ça ressemble au glaçage d'un gâteau McCain!

Nous qui pensions qu'on allait avoir trop de temps avec les 3 heures qu'on avait devant le glacier, on aurait pu y rester encore des heures tellement c'était beau! En plus, l'apparence du glacier change selon la lumière ambiante! En revenant vers les bus, on a pu voir le plus gros morceau de glace de la journée tomber! Il devait être d'environ 2 mètres de haut, ça a fait pas mal de vagues disons! Quand la glace se détache comme ça, ça fait des bruits de coups de feu, c'est quand même particulier! Sinon, on peut aussi entendre le glacier "avancer" et se cogner contre les roches des montagnes, ça fait un petit craquement constant. Et quand des gros morceaux de glace se détachent, ça peut faire des petits Iceberg, qui flottent dans le lac!

On a pas vu le temps passer et on est arrivés un peu en retard pour rejoindre notre bus, même après la Russe un peu bizarre du groupe qui avait l'air complètement désorientée à l'idée de se retrouver dans les sentiers du parc... En tout cas, ce fut une bien belle journée!

En revenant à l'hostel le soir, on a discuté un peu avec les employés pour voir comment organiser nos jours suivants. On s'est vite rendus compte qu'on avait fait l'erreur de ne pas réserver nos choses d'avance... Comme vous savez, on ne réserve habituellement pas grand chose parce qu'on aime pouvoir se laisser du jeu si jamais on aime (ou pas) un endroit. On avait lu qu'en Patagonie durant la haute saison on était mieux de réserver mais on s'était dit qu'au pire on ferait du camping (on a amené notre tente). Par contre, la température des jours suivants s'annonçait apocalyptique et l'idée de faire du camping nous paraissait soudainement moins tentante... 

Bref, pendant 4 heures, on a cherché des hostels, organisé les bus et les différents tours des jours à venir. Pfffff. En plus, on était un peu déprimés parce qu'on nous a dit qu'il n'y avait plus de place dans les bus vers Puerto Natales au Chili, où on comptait aller faire 4 jours de trek/camping dans le parc Torres del Paine. C'est pour cette raison qu'on avait amené notre tente et on avait bien hâte de découvrir ce mythique parc national de Patagonie... On en revenait pas qu'il faille réserver autant d'avance les bus et en fait on ne saurait même pas exactement comment faire pour organiser tout un voyage à distance et en avance!

Morts d'autant de préparatifs, on a soupé dans le resto de l'hostel, tenu par une madame bien sympathique, où on a mangé deux mijotés traditionnels: un avec des pâtes et l'autre avec des lentilles + un verre de vin maison. C'était bien bon! Comme on mange vers 21h00 depuis qu'on est ici (le soleil se couche à 22h30), on est allés se coucher directement après le souper car on partait tôt le lendemain vers le village d'El Chalten!

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